Les hasards -ou une grande pertinence du journal- font apparaitre sur la même page 15 du quotidien Les Echos de ce jour un billet signé Augustin Landier, intitulé « Eloge du technocrate » et un article sur le livre de Gilles Finchelstein intitulé « la dictature de l'urgence ».
Pour moi, le rapprochement des deux même subliminal est l'occasion de rappeler, face à des déclarations favorables à une « contractualisation » des statuts dans la fonction publique, cette évidence que les politiques s'inscrivent dans le temps court qui s'intercale au mieux entre des élections et le plus souvent dans une espérance de vie ministérielle qui dépasse rarement les 24 mois, et que les fonctionnaires, eux, sont les garants de la mise en œuvre et de la continuité des politiques publiques qui nécessitent la patience et la constance du temps long.
Comme l'a dit le Premier ministre, l'Etat impartial repose sur une fonction publique mise par son statut à l'abri des vicissitudes de la communication politique car c'est de la tension entre le temps long et le temps court et de la cohabitation entre les exigences de la visibilité politique et les impératifs de la lisibilité de l'action publique que naissent les bonnes décisions publiques.
Pardonnez-moi, ma chère Françoise, de ne pas être du tout d'accord avec vous.
Les politiques s'inscrivent effectivement - (et je dirais, tragiquement pour la France) - dans le temps court
Mais les fonctionnaires ne sont pas, comme vous le laissez entendre, les garants du temps long !
La fonction publique est effectivement à l'abri de tout, mais son inertie ne favorise absolument pas les bonnes décisions publiques. Rien ne la pousse à agir, à innover, à entreprendre, à se réformer. Elle peut vivre hors du temps des réformes, elle peut tout freiner. Sans parler forcément de lustrine, elle n'a pas besoin d'ardeur. En tout cas l'innovation n'est pas pour elle une ardente obligation. Mais tout cela vous le savez :-)
cordialement
Nicolas
Rédigé par : nicolas | 13 janvier 2011 à 15:34