Tout à tour des parlementaires puis le Président de la République ont évoqué des pistes de réforme de la fiscalité du capital, évoquant la suppression de l’impôt sur la fortune et corrélativement celle du bouclier fiscal sans parler de la création d’une tranche supplémentaire d’IR quelques années après sa suppression !
Semblant réfléchir à voix haute, ils ont, dans un pays marqué malheureusement par une maladive instabilité fiscale -les agents économiques voient rétrospectivement remettre en cause des décisions économiques rationnelles par des lois de finances de circonstance- et le concours Lépine permanent des innovations, rouvert inopportunément la boîte de Pandorre.
Faut-il vraiment dans un contexte de crise déstabiliser à nouveau les stratégies légitimes des contribuables ?
Est-il indispensable de remettre en cause des équilibres -l’ISF est accepté- et des recettes -il a rapporté 400 millions de plus que prévu- à peu près stabilisés ?
Est-il pertinent de prendre à témoin l’opinion publique sans lui exposer, le plus objectivement possible, les enjeux et implications des différents choix fiscaux ?
Il y a un grand désordre dans la méthode de gouvernement et un peu d’imposture dans le débat politique.
La stratégie du patron de l’UMP d’ouvrir les « Cents fleurs » du débat politique est irresponsable dès lors que les expertises préalables ne sont pas menées.
La stratégie que j’ai préconisée en 2003 des « 4D » -diagnostic partagé, débat public, dialogue social, décision- (qu’avait repris alors le Porte parole du gouvernement un certain Jean-François Copé ! en ôtant le débat public car seuls les élus seraient légitimes à débattre !) suppose une rigueur et une intégrité intellectuelle et morale qui s’accommode peu des petites stratégies existentielles et des coups politiques.
Le diagnostic partagé suppose de soumettre au débat public un sujet débroussaillé, éclairé d’une expertise incontestable -comme les travaux du COR pour la réforme des retraites- et non de mettre sur la place publique les états d’interrogation de chaque élu !
Quand les politiques comprendront-ils que leur mandat n’incluent pas une délégation de tout faire, de tout dire et de tout décider, sans en rapporter au peuple souverain ?
La démocratie représentative est malade et certains élus font monter la fièvre.
Vous êtes en avance Françoise ! Pas sur votre époque, mais sur les politiques qui, effectivement, ne comprennent absolument pas ce qui est en train de se passer avec l'internet (qu'ils appellent encore les "nouvelles technologies"). Ils ne les connaissent pas, ne les comprennent pas, ne les utilisent pas et même les craignent ou en bloquent le développement. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls car une part de plus en plus grande du commerce se fait maintenant sur internet (moi-même j'achète désormais tout sur des sites type Amazon et non plus dans mon quartier ou dans ma ville). Des pans entiers du commerce intérieur vont donc s'effondrer (avec les milliers d'emplois qui leurs sont associés). Ils comprendront malheureusement trop tard quand tous les gens qu'ils forcent à partir sur les sites commerciaux (plus efficaces, plus rapides, plus serviables) les enverront, eux, au Pôle emploi ! Mais ils ne comprennent pas encore la logique de la cause et de l'effet. Ils ne comprendront que lorsqu'ils devront déposer leur bilan et baisser le rideaux de fer. Quant aux politiques que vous évoquez, ils comprendront eux aussi trop tard mais seront emportés de la même manière. Je pense à cet égard que la campagne des présidentielle se fera majoritairement sur le web et sans eux car leur langue de bois y sera découpée en rondelles et tombera en sciure ! Le débat aura lieu hors champ des politiques. ça va effectivement faire mal.
Continuez à les alerter Françoise. Mais ils sont sourds et tellement imbus d'eux-même et de leur pouvoir dérisoire ...
Cordialement
D
Rédigé par : Daniel | 02 février 2011 à 12:12